Grossesse et SEP

La sclérose en plapregnant woman symbol, stylized vector sketchques touche principalement les femmes,environ deux tiers des personnes atteintes sont de sexe féminin. Depuis plusieurs années, des questions se posent sur de possibles problèmes quant à une grossesse chez une femme atteinte de cette maladie. En effet, on voit trois périodes distinctes dans lesquelles la simultanéité entre la sclérose en plaque et une grossesse n’évoque pas les mêmes idées. Durant la première période, la grossesse était contre-indiquée chez les femmes malades puisque la publication d’articles montrait presque exclusivement les cas difficiles. Pendant la deuxième période, la nuance se créée et on voit apparaitre l’éventualité d’une augmentation des poussées lors des trois mois après l’accouchement. Puis durant la troisième période, s’étendant des études telles que PRIMS ( 1998 ) à nos jours, les résultats ont montré que sclérose en plaque et grossesse pouvaient être compatibles. On note que la volonté d’avoir des enfants chez les femmes n’est pas entravée par cette maladie. Nous allons voir ici comment intervient la maladie dans chacune des étapes de la grossesse et si une évolution de la sclérose en plaque peut être à prévoir.

Pendant la grossesse 

Les effets de la sclérose en plaque pendant la grossesse ont longtemps été basés uniquement sur des hypothèses. Depuis quelques années, des études les ont réellement mis en lumière. La première fut l’étude PRIMS réalisée en 1998. Durant celle-ci, plus de 250 femmes touchées ont été suivies pendant leur grossesse. Leur accompagnement s’est déroulé pendant cette période ainsi que les deux années après leur accouchement. Les résultats de cette étude ont mis en évidence que la sclérose en plaque avait une certaine influence sur la grossesse. Effectivement, les médecins ont vu qu’un femme malade avait une diminution des poussées pendant sa grossesse, notamment au troisième trimestre puisque la diminution est d’environ 70 pour cent par rapport à l’année avant la grossesse, puis une augmentation des poussées durant les trois mois après l’accouchement. Ces poussées peuvent être traitées notamment par des corticoïdes ( généralement administrés par intraveineuse car la dose injectée est forte ). L’étude PRIMS a été une des études les plus précises réalisée et elle fut celle qui montra réellement les effets de la sclérose en plaque sur la grossesse. De plus, certains autres symptômes de la sclérose en plaque peuvent être modifiés durant la période de grossesse. En effet, de nombreuses femmes atteintes et ayant eu des enfants constatent qu’elles ont été anormalement fatiguées pendant cette période. Ce problème, selon elles, peut se régler grâce à une bonne organisation des activités et du temps. Certaines remarquent également l’intensification de maux de tête, de perte d’équilibre ou encore des troubles vésicaux ou intestinaux. Pour certains de ces problèmes, des infirmiers peuvent être une aide nécessaire.

L’accouchement 

L’accouchement d’une femme atteinte de la sclérose en plaque et d’une femme saine n’est pas forcément très différent. En effet, c’est généralement l’obstétricien qui prend la décision concernant la manière d’accoucher : césarienne ou par voie basse. Les études divergent puisque certaines montrent que les femmes atteintes de sclérose en plaque ont plus souvent recours à la césarienne tandis que d’autres assurent que la maladie n’influe en rien sur la technique pratiquée pour accoucher. La majeure partie des tests réalisés reflètent donc bien que la maladie n’a pas d’impact sur l’accouchement.

L’après accouchement 

La fatigue est prédominante après un accouchement, notamment pour une femme ayant la sclérose en plaque. Il est donc important d’avoir de l’aide, pour cela, des médecins, infirmiers ou encore amis peuvent être présents pendant cette période.

L’allaitement 

La sclérose en plaque n’est pas héréditaire*, donc l’allaitement ne présente aucun risque de transmission pour une femme atteinte de la maladie. Allaiter son enfant est un choix personnel que seule la mère détient. Cependant, si celle-ci est traitée par corticoïdes, il est nécessaire que le lait soit tiré pendant les perfusions ou encore pendant les quatre à six heures qui suivent. Il faut également que la mère reprenne un traitement normal contre la sclérose en plaque après son accouchement.

*  L’hérédité est la transmission, au sein d’une espèce vivante ou d’une lignée de cellules, de caractéristiques d’une génération à la suivante. En général, on associe l’hérédité aux gènes tels qu’ils furent découverts par Gregor Mendel mais d’autres mécanismes dits non mendéliens et épigénétiques peuvent aussi intervenir dans la transmission des caractères biologiques.

Fertilité 

La sclérose en plaque n’a aucune influence sur la fertilité. Cependant, il est important de savoir que certains médicaments prescrits dans la cas de celle-ci peuvent influer sur le cycle menstruel et donc restent contre-indiqués dans le cas d’une grossesse.

La période adéquate pour une grossesse 

Une grossesse se décide de manière réfléchie. De ce fait, pour une femme atteinte de la sclérose en plaque, il est important de choisir le moment propice pour tomber enceinte. En effet, les poussées survenant généralement de manière aléatoire, il faut donc que la femme choisisse un moment où elles se font plus rares, depuis au moins une année. Cette organisation permettra un arrêt des traitements de fond et donc une grossesse normale. Les spécialistes conseillent aux femmes de tomber enceinte après trois mois d’arrêt du traitement. La nécessité d’anticiper la grossesse est donc un point très important.

L’après grossesse 

Il est nécessaire de reprendre un traitement de fond après la période de la grossesse, notamment dès l’accouchement. Malgré les indications, le moment de la reprise d’un traitement est un choix libre détenu par la patiente qui, en fonction de l’évolution de sa maladie durant sa grossesse choisira une date. Ce dont les femmes cherchent à se protéger est la poussée post-partum. Cependant, à l’heure actuelle, aucun traitement n’a été trouvé pour éviter de manière certaine celle-ci, seules des pistes ont été envisagées.

En somme, malgré les idées reçues pendant des décennies, tomber enceinte n’aggrave pas la maladie et, réciproquement, la maladie n’a pas d’influence majeure sur la grossesse. Il est cependant important de prendre en compte certains faits tels que la période pendant laquelle la femme décide d’avoir un enfant, les difficultés qui apparaissent après l’accouchement.. Il faut avoir conscience pour une femme des contraintes évidentes qu’entraîne une grossesse. Grâce aux résultats des analyses réalisées ces dernières années et au rôle des hormones sexuelles sur les poussées, de nouvelles recherches ont été entreprises. Celles-ci visent à constituer un traitement de fond contre la sclérose en plaque grâce à ces hormones.