Traitements symptomatiques

La SEP provoque un grand nombre de symptômes pouvant créer un handicap dans la vie quotidienne des personnes atteintes.

Ces symptômes peuvent être traités indépendamment du traitement de fond de la maladie ou des poussées, cependant à chaque symptôme est associée un traitement particulier.

Les traitements symptomatiques sont des compléments essentiels aux traitements de fond et des poussées pour la qualité de vie du malade.

 

 

  • Fatigue

La fatigue, très fréquente tout au long de la maladie, est considérée par 75% des malades comme le problème principal de la sclérose en plaques.

Peu de traitements pour lutter efficacement contre la fatigue ont fait leurs preuves ; parmi eux, l’amantadine, un médicament antiviral habituellement indiqué contre la grippe ou pour la maladie de Parkinson, ou encore le modafinil, un psychostimulant utilisé dans le traitement de la narcolepsie.

La rééducation, l’activité physique fractionnée ainsi qu’un sommeil suffisant et régulier sont conseillés pour réduire la fatigue.

 

  • Rééducation

La rééducation est indispensable lorsqu’il existe des symptômes tels que des troubles de l’équilibre, des raideurs ou encore une faiblesse musculaire. Le but est de restaurer ou entretenir la motricité du patient aussi longtemps que possible. Grâce à la kinésithérapie et l’ergothérapie, la qualité de vie de la personne atteinte peut se voir améliorée. La rééducation motrice à l’aide du kinésithérapeute permet de préserver l’indépendance de la marche et des activités quotidiennes. Elle comprend le travail de l’équilibre, des séquences de marche ou des exercices de renforcement musculaire. L’ergothérapeute, lui, permet d’adapter l’habitat au patient.

La rééducation permet alors d’entretenir la motricité, réduire la spasticité ou encore d’améliorer la coordination ainsi que l’équilibre.

 

  • Troubles urinaires, digestifs et sexuels

Le traitement des troubles urinaires vise à assurer la continence et à maintenir une vidange vésicale complète. Un bilan urodynamique et radiologique est souvent nécessaire préalablement.

Le plus souvent, l’incontinence et la nycturie, c’est-à-dire le fait de se lever fréquemment la nuit pour uriner, sont citées comme troubles urinaires par les malades.

L’incontinence peut être traitée par les anticholinergiques, médicaments inhibant l’action de l’acétylcholine, comme l’oxybutynine ou la toltérodine pour bloquer le détrusor de la vessie.

Pour la nycturie, il est conseillé de réduire la consommation de liquide en fin de journée et d’éviter l’alcool et la caféine.

En cas de dysurie, les alphabloquants, provoquant une augmentation du débit urinaire, peuvent être prescrits.

Dans le cas de résidu post-mictionnel, la pratique d’auto-sondages intermittents quotidiens peut être une solution.

Les infections urinaires doivent également être traitées afin d’éviter les pyélonéphrites.

 

Le traitement des troubles digestifs tels que la constipation ou l’incontinence anale est aussi important. La constipation est traitée avec des laxatifs et l’incontinence principalement avec du lopéramide, un anti diarrhéique, ou de l’oxybutynine.

De plus, suivre les règles hygiéno-diététiques est primordial dans le traitement de ces troubles.

 

Les troubles sexuels sont généralement la résultante de nombreux symptômes associés tels que la fatigue, les douleurs, la dépression et la spasticité. Chez l’homme, les troubles de l’érection peuvent être traités par le sildénafil, le tadalafil ou le vardénafil. Ce sont des inhibiteurs de la phosphodiestérase provoquant une augmentation de l’influx de sang dans le corps caverneux par une vasodilatation. Des injections de prostaglandines E peuvent aussi être utilisées mais elles sont plus difficiles à mettre en œuvre. Ces troubles peuvent également être améliorés par un suivi sexologique ou psychothérapique.

 

  • Spasticité

La spasticité, présente chez deux tiers des personnes atteintes de la SEP, correspond à un trouble moteur caractérisé par l’augmentation du tonus musculaire résultant de l’atteinte d’une voie nerveuse du système nerveux central. Elle provoque des contractions répétées voir permanentes du muscle. Ce dernier perd alors de sa souplesse et de sa mobilité pouvant entrainer un handicap.

Le traitement de la spasticité repose généralement sur la rééducation et la cryothérapie permettant de lutter contre l’hypertonie et est complété par les antispastiques. Ces derniers doivent être prescrits de manière progressive afin d’éviter d’aggraver l’état moteur du malade par une baisse trop importante du tonus musculaire. Le baclofène et le dantrolène sont deux myorelaxants ayant une action antispastique très utilisés pour traiter la SEP. Le baclofène, qui est le plus efficace, a pour effet de diminuer les transmissions synaptiques excitatrices réduisant ainsi la spasticité.

Dans le cas de spasticité sévère localisée à peu de muscles, des injections de toxine botulique ou encore l’implantation de pompes intrarachidiennes à baclofène peuvent être une solution.

La fampridine, en cours d’évaluation, peut aussi être prescrit lorsque la capacité de marche diminue.

 

  • Douleurs

Les douleurs peuvent survenir dès le début de la maladie et être d’origines diverses. C’est pourquoi il est important d’identifier le type de la douleur pour une prise en charge adaptée.

Il existe trois types de douleurs :

Les douleurs neurogènes: elles sont la conséquence directe de l’atteinte des fibres nerveuses qui véhiculent les informations sensitives. Ces douleurs sont traitées par les antiépileptiques tels que le gabapentine. Grâce à son efficacité et sa bonne tolérance, ce dernier est conseillé.

Dans le cas de douleurs neurogènes continues à type brulures, le tramadol à libération prolongée, un antalgique, et les tricycliques, des antidépresseurs, sont utiles.

Les douleurs secondaires: elles sont la conséquence indirecte de la maladie, indépendantes de l’atteinte du système nerveux central. Des douleurs telles que le mal de dos, les contractures musculaires ou les raideurs sont traitées par des antispastiques ou des antiépileptiques. La kinésithérapie et la cryothérapie restent des méthodes particulièrement efficaces pour soulager ce type de douleur. La relaxation, la sophrologie ou encore l’acupuncture sont des techniques manuelles pouvant également apporter un soulagement.

Les douleurs iatrogènes: elles sont liées au traitement de la maladie pouvant provoquer des effets secondaires comprenant la douleur. Il faut alors trouver la cause de cette douleur afin d’adapter le traitement en conséquence.

 

  • Troubles psychologiques

Il existe fréquemment un syndrome dépressif associé. Dans ce cas, une prise en charge psychothérapique est nécessaire et peut être associée à un traitement médicamenteux anxiolytique ou antidépresseur.

La psychothérapie a pour but d’apporter une aide lorsque l’équilibre de la vie quotidienne est fragilisé par des émotions négatives comme la culpabilité, l’anxiété ou encore la dépression. Il existe aussi des groupes de paroles pouvant apporter une aide importante.

Le fluoxétine ou le venlafaxine sont des antidépresseurs inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) particulièrement utilisés.

Les benzodiazépines, médicaments ayant une action contre l’anxiété, ou le buspirone sont, eux, utilisées pour traiter les troubles anxieux.

 

  • Atteinte cognitive

 Les fonctions cognitives telles que la mémoire, la capacité d’abstraction, l’attention ainsi que les fonctions exécutives sont souvent atteintes chez les personnes touchées par la SEP. Cependant leur traitement est limité, des soins spécifiques comme des programmes pour exercer la mémoire ou l’attention existent pour cela.

 

  • Médecine alternative

La sclérose en plaques étant une maladie incurable, beaucoup de personnes atteintes se tournent vers les médecines dites naturelles. On peut trouver un large éventail de traitements possibles parmi lesquels figurent le cannabis médical, les piqûres d’abeilles ou encore l’alimentation.

Cependant, à l’exception du cannabis médical, les effets positifs de ces traitements n’ont jamais été prouvés malgré leur potentiel.